Mes parents ne veulent pas entendre parler de résidences seniors : comment leur faire changer de regard en douceur ?

Se parler

Des études révèlent qu’à 54% les seniors français pensent que l’aménagement de leur logement est adapté à leur possible perte d’autonomie, alors que seulement 6% des logements seront véritablement adaptés à l’avancée dans l’âge. Cette différence de perception peut expliquer une partie des accidents domestiques des plus de 75 ans.

 Solange, 61 ans, nous raconte comment elle est parvenue à faire accepter la réalité à ses parents, Catherine et Gino, respectivement 82 et 84 ans.

 “Pour mes parents, il n’était pas question de quitter la maison qu’ils avaient faite construire avec tout leur cœur. Leur demander d’envisager de déménager pour une résidence seniors près de chez moi, c’était tout simplement renier le travail de leur vie. Malheureusement je ne l’ai pas compris tout de suite…”, explique Solange.

Au-delà du sujet il y a avant tout la personnalité de chacun. Nous avons tous une façon différente de communiquer et d’aborder les situations de la vie. Ce qui est le plus important c’est de comprendre comment votre proche fonctionne.

3 étapes pour aborder le sujet des résidences seniors avec succès

 01. Identifier les types de personnalités ?

  • Découvrir votre zone de confort
  • Être conscient de vos mécanismes comportementaux

“D’une façon générale, je suis quelqu’un de très directe. Et avec mes parents, lorsque je leur ai parlé des résidences seniors, j’étais contente de leur montrer que j’avais déjà pensé à tout ! Clairement, ce n’était pas la bonne méthode… Mes parents ont commencé à se refermer sur eux-mêmes et à éviter toute discussion. J’étais devenue “la méchante”, témoigne Solange.
En effet, la façon dont nous disons les choses est aussi importante que les mots que nous utilisons. Dans le cas de Solange, elle a pensé bien faire en anticipant les problèmes d’autonomie de ses parents et en leur proposant une solution clé en main pour leur assurer un avenir serein, simplement sa méthode n’était pas la bonne.

Selon l’éminent psychologue Taibi Kahler, il existe 6 schémas de comportement type dans sa relation aux autres :

Celui qui ressent les choses

Celui qui raisonne logiquement, analyse et déduit

Celui qui estime, juge et exprime des opinions

Celui qui contemple, imagine et reste en retrait

Celui qui joue, s’amuse et exprime spontanément des émotions

Celui qui agit avec détermination, force et vitesse.

En vérité, nous avons tous en nous un peu de chaque schéma mais à des niveaux différents. Par exemple, Solange semble avoir une prédominance à agir avec détermination et vitesse.

 02. Décoder la personnalité de votre proche

  • Repérer les traits de caractères de sa personnalité
  • Anticiper les réactions de votre proche

Expression du visage, ton, rythme de voix, mots employés et gestes sont autant d’indices pour vous permettre de comprendre quelle est la personnalité de votre interlocuteur. Pour parvenir à avoir un dialogue de qualité, il convient de déceler les signaux d’ennui, d’agacement ou de désaccord de votre interlocuteur.

“En devenant plus attentive, j’ai compris que mon attitude les avait fermés tous les deux pour différentes raisons. Ma mère s’était isolée car la discussion l’avait stressée, tandis que mon père s’était détaché de la discussion par ennui, surtout que dans l’histoire, je lui retirais la possibilité d’être meneur du projet.”

Solange a identifié le schéma type de ses parents en observant leurs comportements. Ainsi, avec une maman contemplative, qui a besoin d’information claire et directive, et un papa taquin, qui a besoin d’échange émotionnel tout en ayant le sentiment de garder un minimum la main sur la vie, Solange cherchera à adapter son discours pour ouvrir un dialogue constructif et apaisé.

 03. Se mettre à la portée de son proche

  • Préparer votre attitude et votre discours
  • Se donner du temps et être patient

“J’ai finalement trouvé la bonne attitude en abordant la situation en parlant clairement de mes sentiments et de mes inquiétudes à leur égard. En m’ouvrant à eux, j’ai vu ma mère s’illuminer, et mon père pleinement dans son rôle de meneur, commençant à évoquer différentes solutions.” Solange a su trouver une “voie commune” pour communiquer avec ses parents sans les brusquer ni les stresser.

Pour ce faire, elle a dû s’adapter et développer une partie de sa personnalité, plus emphatique, lui permettant d’améliorer la qualité de ses échanges avec ses parents.

“Pour le moment, mes parents n’ont rien décidé mais ils ont accepté de tester, pour un court séjour, l’une des résidences seniors que je leur avais trouvée près de chez moi. Ce premier pas signifie beaucoup pour moi ! Ils me font confiance et savent maintenant que mon intention est leur bien-être avant tout, dans le respect de leur décision bien sûr.”