Lorsque Villagrande, petit village de Sardaigne, fait rimer Dolce Vita avec longévité.

Vivre

Du régime alimentaire, aux activités sportives, à la qualité de l’air, l’aménagement des réseaux de transports ou encore aux rapports affectifs, les mystères autour du bien vieillir en bonne santé restent intacts. Aujourd’hui, avec l’exemple du petit village de Sardaigne de Villagrande, nous abordons la problématique sous un nouvel angle à prendre en considération pour tous ceux qui souhaitent se prémunir des vicissitudes du grand âge.

Partout dans le monde, les femmes vivent plus longtemps que les hommes, en général entre 6 et 8 ans de plus. Partout, sauf à Villagrande en Sardaigne où les hommes vivent aussi longtemps que les femmes.

Avec le bel exemple de l’Italie, nous découvrons ensemble l’impact que peuvent avoir les relations humaines sur la santé mentale et physique des seniors.

Pourquoi Villagrande est l’un des endroits uniques où les hommes et femmes vivent aussi longtemps ? Que faut-il faire favoriser nos chances de vivre centenaire ?

On perce les secrets de la longévité avec les habitants de Villagrande, en Sardaigne

Les 10 indicateurs de longévité mis en évidence par l’étude de Susan Pinker* réalisée à Villagrande, du plus ou moins significatif :

  • Une forte intégration sociale
  • Plusieurs relations sociales
  • Une absence ou faible consommation de tabac
  • Une absence ou faible consommation d’alcool
  • Avoir été vacciné contre la grippe
  • Une bonne santé cardiaque
  • Une activité sportive
  • Un poids équilibré
  • Une absence d’hypertension
  • Une bonne qualité de l’air

*Susan Pinker, Psychologue du développement, TED Conférence 

 Révélation n°1 : L ’architecture prime sur la beauté du paysage.

  • Vivre dans un environnement enchevêtré
  • Se construire une routine

Il y a 6 fois plus de centenaires sur l’île que dans le reste de l’Italie. Pourquoi l’île présente-t-elle une telle concentration ? Quels sont les facteurs privilégiés qui favorisent la forme olympique de ses habitants ?

Il faut savoir que notre longévité est déterminée à 25% par notre génétique et à 75% par notre façon de vivre. Dans le cas de la Sardaigne et plus précisément de Villagrande, après avoir passé en revue l’ensemble des variables habituellement prises en compte telles que le rythme de vie, le régime alimentaire, la pratique sportive, la consommation d’alcool, le statut matrimonial, les visites chez le docteur… L’une des premières conclusions est d’ordre architecturale. Une surprise !

En effet, l’importance n’est pas tant la beauté du paysage de la ville où l’on réside, mais davantage son architecture. Ainsi, des allées imbriquées et peu d’espaces entre les maisons favoriseraient les rencontres entre les habitants et les salutations.

Villagrande est un village en hauteur situé dans une région montagneuse : les rues sont en pente, et les maisons ont souvent différents étages. Ses résidents ont donc pour habitude de marcher, grimper, escalader… de petits efforts quotidiens qui ont une grosse influence sur notre santé !

 Révélation n°2 : Les interactions sociales nous protègent

  • Cultiver les liens avec ses proches
  • Être ouvert avec les personnes de son entourage au sens large

Une autre révélation surprenante concerne le nombre d’interactions sociales ainsi que leur nature. Il est maintenant scientifiquement prouvé qu’en multipliant le nombre de personnes avec lesquelles nous interagissons au cours de la journée, nous libérons dans notre corps une cascade de neurotransmetteurs qui nous procurent des sensations de joies et d’apaisement.

Ainsi, simplement en échangeant un regard avec quelqu’un, en disant bonjour ou en serrant la main… ces gestes simples nous permettraient de libérer de l’ocytocine ce qu’augmenterait notre niveau de confiance et diminuerait notre niveau de cortisol, soit le stress et l’anxiété. Les interactions sociales peuvent donc nous protéger au présent et à l’avenir !

Nous savons également qu’il ne s’agit pas exclusivement des relations entretenues avec ses proches, considérés comme des liens forts, mais également avec son voisinage au sens large. Que ce soit le voisin de palier ou de rue, le facteur, le coiffeur, les marchands… ces relations parfois qualifiées de “liens faibles” sont tout autant à prendre en considération pour le bien-être et la longévité.

L’exemple frappant est celui de l’un des habitants, connu pour son humeur grincheuse, mais qui n’en est pas moins l’un des citoyens les plus en forme. Comment l’explique-t-on ? Parce qu’il ne souffre pas de solitude. En sortant prendre son café ou faire ses courses, il croise un grand nombre de personnes, au-delà des membres de sa propre famille. Cela suffit, même inconsciemment, à le rendre plus « heureux » sur le long terme.

Aussi, la pratique d’une activité dans le quartier comme des tournois de cartes, des cours artistiques, ou encore des leçons collectives de sport adaptées aux capacités physiques, sont autant d’occasions pour favoriser les rencontres et, ainsi augmenter sa longévité de vie.

Nous attirons votre attention sur le fait que les interactions à travers les nouvelles télécommunications comme l’usage d’appel vidéo, n’ont pas encore été testées. Pour le moment, il est dit que des interactions dites statiques comme des messages ne permettent pas l’activation de neurotransmetteurs, et donc ne sont pas à prendre en compte comme indicateurs de durée de vie.

 

 Révélation n°3 : Trois serait le nombre idéal de personnes sur qui compter.

  • Prendre part à une société
  • S’acquitter d’un rôle

Comme nous venons de le voir dans le point précédent, intégrer les interactions entre personne renforcerait le système immunitaire en faisant déferler des hormones du bien-être dans le corps, ce qui nous aiderait à vivre plus longtemps. Mais une autre découverte concernant les habitants de Villagrande est que tous sont entourés d’une “grande famille”. C’est-à-dire qu’au-delà de leur famille à proprement parlé, ils peuvent compter sur des amis, un entourage pour leur venir en aide si besoin.

Les habitants, par leur style de vie, mettent en évidence qu’il faudrait avoir au moins trois personnes sur qui compter.

Ce nombre serait un bon indicateur pour garantir la longévité. Ce dernier point nous permet d’insister sur le risque d’isolation sociale qui est l’un des plus grands problèmes de santé publique à notre époque.

C’est pourquoi nous vous recommandons de vérifier les fréquentations de vos proches et de les aider à favoriser leurs liens. Par exemple, l’une des habitantes de Villagrande prépare chaque dimanche avec ses filles un plat typique à base de pâtes, qu’elles distribuent ensuite à l’ensemble du voisinage. Un moyen simple de cultiver des liens amicaux et de se faire plaisir.

Grâce à Villagrande, nous découvrons que notre longévité peut dépendre en partie de nos intégrations sociales. Pour vivre plus longtemps, il faut avant tout vivre bien entouré. Ainsi, en s’inspirant de cette île de jouvence, nous vous suggérons d’aider votre proche à “se construire son village”. Autrement dit, bâtir des relations durables avec son entourage, son voisinage et bien sûr, avec sa famille. Le tout dans un périmètre géographique bien délimité. Évidemment, n’oubliez-pas de dire à votre proche de prendre soin de son corps, en ayant une alimentation équilibrée, une bonne hygiène, assez de sommeil et en évitant les pollutions industrielles. En empruntant quelques idées aux habitants de Villagrande, vous augmenterez déjà les probabilités de vivre plus longtemps !

Vous souhaitez aider votre proche à multiplier ses interactions sociales ?