L’ergothérapie : un moyen privilégié pour préserver l’autonomie des seniors, trop souvent oublié ! (suite)

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L’ergothérapie, comme nous l’avons expliqué dans l’article « L’ergothérapie : un moyen privilégié pour préserver l’autonomie des seniors, trop souvent oublié ! », apporte des réponses aux 3 questions concernant cette profession : Qu’est-ce qu’un ergothérapeute ? Pourquoi faire appel à un ergothérapeute ? Comment travaille un ergothérapeute ?

Aujourd’hui, dans une société qui vieillit plus longtemps et mieux, le désir et la possibilité de rester chez soi se sont également accrus. Bien que des freins psychologiques et financiers peuvent persister, les avantages sont tels qu’il convient de véritablement prendre en considération les possibilités offertes par cette profession pour un « mieux vivre » en toute sécurité.

Ergothérapeute depuis 19 ans, Mickaël Briquet directeur de la société Merci-Julie répond à nos questions. Merci-Julie réunit plusieurs ergothérapeutes garantissant leurs formations et l’expertise de la profession.

5 questions à Mickaël Briquet,

ergothérapeute et directeur de Merci-Julie

1/ Dans une société comptant de plus en plus de seniors, comment votre profession s’inscrit dans les nouveaux enjeux du mieux vieillir ?

Dans un premier temps, je pense qu’il faudrait davantage accepter que la société française vieillisse, et ainsi commencer à mettre en place des solutions efficaces pour faciliter la vie de nos seniors. Il y a un véritable choix à faire et à mettre en œuvre pour intégrer les personnes âgées à la vie quotidienne.

Je parle au niveau des infrastructures publiques et privées. Encore beaucoup de personnes âgées vivent dans des logements très peu adaptés les mettant en situation de danger tous les jours.

    2/ Vous pensez qu’en changeant le regard sur les seniors, nous pourrions améliorer leurs conditions de vie ?

    En acceptant, on dédramatise aussi. Vieillir fait partie de la vie, c’est pourquoi il serait plus intéressant de ne plus stigmatiser cette partie de la population mais plutôt de prendre en considération ses besoins et mettre en place des solutions adaptées. 

    Cela va de l’aménagement des logements, avec un effort des industriels à proposer des matériaux plus esthétiques, à l’augmentation du nombre d’aidants professionnels et aides à domicile.

    Si je veux,
    je suis libre et serein.

    3/ En tant qu’ergothérapeute, que proposez-vous pour améliorer les conditions de nos seniors et comment se déroule votre intervention ?

    Les solutions que nous mettons en place sont d’ordre technique ou technologique, avec des conseils touchant l’organisation.

    Pour établir notre diagnostic, nous intervenons directement au domicile de la personne concernée. Nous commençons à mettre la personne en situation, c’est-à-dire que nous pouvons, par exemple, lui demander de faire un café, laver la vaisselle ou préparer à manger. Nous observons son comportement, puis nous établissons notre diagnostic. 

    Notre objectif est d’apporter un regard clairvoyant sur les difficultés présentes et à venir de la personne âgée. Comment fait-elle sa toilette ? Y a-t-il des aidants qui vont également utiliser ce matériel ? … Avec notre compte rendu, nous présentons des préconisations pour adapter le logement aux capacités du senior afin de lui permettre de maintenir son indépendance le plus longtemps possible.

      4/ Selon vous, quelles sont les appréhensions des seniors les plus fréquentes ?

      Bien souvent, les personnes âgées n’ont pas conscience de leurs troubles. Les déficits sensoriels, comme la perte de la vue et de l’audition par exemple, sont des handicaps invisibles que certains préfèrent cacher à leur famille. Or ce sont des handicaps pour lesquels la technique apporte une solution simple et immédiatement efficace.

      Nous avons également remarqué, qu’après une visite, en apportant des solutions rapides, comme une barre de maintien dans la douche, une rampe supplémentaire dans les escaliers… la personne âgée se sentait de nouveau en sécurité et était capable de récupérer une certaine autonomie.

        5/ Et enfin, comment se passe le financement de votre prestation ?

        Il faut savoir que localement certains départements prennent en charge nos services d’intervention. C’est pourquoi, je vous invite à vous renseigner auprès des centres sociaux de gérontologie de votre département et auprès de votre caisse de retraite.

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