Le bénévolat pour rompre avec l’isolement et s’épanouir autrement

Vivre

En vieillissant, il peut être difficile de se sentir encore utile. Dans une société que beaucoup trouvent axée sur l’individualisme, trouver le moyen de donner du temps aux autres peut être une façon de redonner un sens à sa vie et de relever de nouveaux défis.

Grâce au témoignage de Alexis, 54 ans, et de sa mère Marie-Paule ,77 ans, nous découvrons comment s’engager dans une activité bénévole, c’est aussi prendre soin de sa santé…

« Depuis plus de 15 ans maintenant, ma mère fait partie d’une association qui aide les personnes en situation précaire à se loger, se nourrir et se vêtir. Elle a commencé avant que mon père soit à la retraite. Au début, c’était simplement pour l’occuper et qu’elle se sente utile, puis c’est rapidement devenu un lieu où elle a pu développer son esprit d’initiative et sa compassion envers autrui. Résultat : elle est beaucoup plus zen ! »

Depuis plusieurs années, le bénévolat n’a cessé d’augmenter en France. En 2016, plus de 20 millions de français étaient engagés dans une activité bénévole. Aussi, quel que soit notre âge, nos compétences et l’endroit où l’on vit, chacun peut devenir bénévole.

Pour trouver des missions de bénévolats près de chez vous :

– www.francebenevolat.org

– www.tousbenevoles.org

Les bons côtés du bénévolat pour les seniors

01. Santé et bien-être pour tous

  • Renforcer l’estime de soi
  • Améliorer la gestion de son humeur
Les résultats d’une étude menée par des gérontologues américains montrent que les retraités s’investissant dans une activité bénévole pourraient avoir une meilleure espérance de vie que les inactifs. À partir de données issues de 6.360 personnes, les chercheurs ont remarqué que le taux de mortalité, sur une période de quatre ans, était réduit d’environ 54% chez les participants qui s’adonnaient à du volontariat. Les gérontologues ont pris le soin de réaliser divers ajustements durant l’étude, dans le but de tenir compte d’éventuels paramètres de distorsion. Il en ressort que le bénévolat serait bon pour l’accès aux ressources, l’estime de soi et le réseau social : ces trois facteurs pourraient peut-être expliquer un meilleur état global de la santé.*

Aussi, au contact des autres, notre corps stimule la production de l’hormone du bien-être : l’ocytocine.

« Dernièrement, ma mère a également convaincu une amie de venir avec elle quelques fois par semaine. Son amie souffrait d’anxiété. Ma mère était inquiète qu’elle tombe en dépression. Avec le bénévolat, son amie a pu s’ouvrir et prendre davantage confiance en elle. Ça vous renforce de savoir que vous pouvez faire du bien. »

*Lee SJ, Cenzer IS, Covinsky KE. Volunteering and Mortality in Older Americans. Résultats présentés lors du congrès annuel de l’American Geriatrics Society tenu à Chicago en mai 2009.

02. Motivation et liens sociaux durables

  • Bien choisir son activité
  • S’engager à son rythme
Dans le bénévolat, l’engagement est nécessaire. Nous ne parlons pas d’engagement politique ou militant, mais d’une décision à prendre pour respecter les gens qui vont accueillir votre proche bénévole et ceux qui viendront à sa rencontre pour lui demander de l’aide.

« Ma mère s’occupe des vêtements. Elle appelle cela “le vestiaire”. En gros, elle collecte, trie et range les vêtements provenant de dons, pour les redistribuer à ses bénéficiaires. Elle adore les aider à se vêtir, que ce soit dans le but de se présenter à un travail ou de réapprendre à se trouver attractif. Elle me dit d’ailleurs souvent en parlant de sa vie passée : “si c’était à refaire, j’ouvrirais une boutique.” Elle a découvert une vraie passion ! »

Comme Marie-Paule, nous conseillons d’élire une activité qui plaise réellement à votre proche. Cela est important pour se sentir à l’aise et mettre toute son énergie au service des autres. Cette générosité engagée pour autrui ou pour une cause libère une sensation d’euphorie et de bien-être dans tout l’organisme. C’est ce que Allan Luks a appelé “l’euphorie de l’aidant” dans son ouvrage “The healing power of doing good” et c’est ce que nous pouvons plus simplement résumer par “il n’y a pas de mal à se faire du bien”.

03. Partage et apprentissage à l’infini

  • Transmettre son expérience
  • Acquérir de nouvelles compétences
En offrant un cadre informel, le bénévolat peut être le moyen de mettre en commun les expériences et les compétences de votre proche acquises au fil de sa vie, tout en en acquérant de nouvelles. Cette stimulation est formidable pour dynamiser le quotidien de votre proche et améliorer sa quiétude.

“Je le vois avec ma mère. La charité, c’est une vraie ouverture sur le monde qui développe sans cesse notre compassion pour autrui. Lorsque ma mère nous raconte l’aide que l’association a apportée pour les réfugiés, cela vous donne un autre regard sur vos problèmes du quotidien.”

Le volontariat propose un cercle vertueux : en contribuant au bonheur des autres, on améliore le sien. En plus d’aider à créer de véritables changements dans la vie des gens, des animaux, dans votre région ou ailleurs, le bénévolat permet également de sortir de chez soi, rencontrer de nouvelles personnes et de s’épanouir à tout âge. Alors, on se lance ?

Vous voulez en savoir plus sur le bénévolat pour les seniors ?