Comment prévenir les risques de chute des personnes âgées ?

Comprendre

Bien que la qualité de vie des seniors se soit considérablement améliorée, la chute reste un véritable fléau. Elle représente la première cause de décès accidentel des seniors et la première cause de perte d’autonomie.* Après une chute, seulement 40% des personnes hospitalisées peuvent retourner à leur domicile. Mais le risque de faire une chute peut être minimisé. Liés à de nombreux facteurs, ces accidents pourraient être en partie évités en adoptant les bons réflexes tant sur le plan de la santé, des comportements, mais aussi l’environnement du senior, comme nous le découvrons avec le témoignage de Alphonse, 52 ans, et son père Simon, 86 ans.

“Mon père a fait sa première chute peu de temps après le décès de ma mère. Ce fut très difficile de s’en remettre, aussi bien pour lui que pour nous. La rééducation fut autant physique que psychologique, mais il a pu finalement garder son indépendance.” nous raconte Alphonse.

Selon des données OMS de 2012, les chutes sont la deuxième cause de décès accidentels ou de décès par traumatisme involontaire dans le monde. Le rapport précise que les personnes qui font le plus grand nombre de chutes mortelles ont plus de 65 ans.

Les conseils pour préserver votre proche des risques de chutes

 01. Être vigilant quant à l’état de santé de votre proche

  • Faire un bilan de santé : réduire le nombre de médicaments pris
  • Préserver et rétablir l’équilibre et la marche par l’activité physique

Avec le vieillissement, les capacités sensorielles telles que la vision, l’audition et la rapidité de réaction s’affaiblissent, tout comme l’équilibre. Ces troubles entraînent des difficultés évidentes lors des déplacements, tant sur la perception que sur la motricité.

“Suite à la chute de mon père, nous avons pris conscience de la réalité, de son âge et des conséquences. Maintenant, il a un suivi médical annuel et s’il ne se sent pas bien, qu’il perd du poids ou s’il a la tête qui tourne lorsqu’il se relève trop vite, il consulte. Sans s’alarmer, certes, mais nous préférons agir dès qu’un symptôme apparaît.”

Dans bien des cas, ces troubles ne sont pas suffisamment pris au sérieux. C’est pourquoi nous vous recommandons d’accompagner votre proche pour faire annuellement un bilan de santé. Il s’agit de faire examiner l’acuité de ses fonctions motrices et cognitives, vérifier que ses médicaments lui soient toujours adaptés et enfin s’assurer que l’apport nutritionnel est optimal. Pour comprendre si votre proche encourt un risque de chute fort, modéré ou faible, nous vous invitons à faire avec lui ce test*

  • Test “lever et marcher” : chronométrez le temps mis par votre proche pour se relever d’une chaise ou d’un lit sans avoir d’appui, parcourir 3 mètres, se retourner et revenir s’asseoir.

+ de 14 secondes. Le risque de chute est élevé. Il convient de faire une évaluation approfondie avec un médecin traitant afin de dépister les facteurs de risques spécifiques. Il faut également adapter le domicile. – de 14 secondes. Le risque de chute est modéré ou faible. Il convient de procéder à une évaluation des facteurs suivants : prise de médicaments, danger du domicile, pathologie chronique ou aiguë.

*Prévention des chutes chez les personnes âgées à domicile, édition INPES

 02. Aider votre proche à adapter ses comportements

  • Être conscient des risques engendrés par les activités quotidiennes
  • Prévenir et réduire la peur des chutes

Quels sont les bons comportements pour éviter la chute ? Tout d’abord, il ne faut pas en avoir peur. C’est un peu paradoxal, mais les études le prouvent : l’appréhension de la chute peut angoisser et augmenter les risques d’accidents. Ainsi, pour diminuer les probabilités et favoriser un meilleur rétablissement, il est recommandé de maintenir une activité physique de 30 minutes par jour. Cela peut être de la marche par exemple. Il faut autant que possible maintenir sa masse musculaire.*

Comme nous l’avons indiqué, l’alimentation est aussi un facteur à prendre en compte : l’apport en calcium et vitamine D est-il suffisant ? Il est important que votre proche ait une alimentation variée, équilibrée et fractionnée, comprenant beaucoup de légumes et de protéines (végétales ou animales). Contrairement aux idées reçues, les apports nutritionnels ne doivent pas baisser avec l’âge, bien que l’appétit soit moindre.**

Enfin, nous attirons votre attention sur toutes les activités dites ménagères que votre proche effectue. La majeure partie des chutes a lieu à domicile, notamment lors de la réalisation d’une tâche domestique. Que ce soit la cuisine, le jardinage ou le ménage, votre proche est-il encore en mesure de les effectuer seul ?

Mon père adore s’occuper du jardin, mais pour lui permettre de se dédier pleinement à son activité préférée, nous avons fait appel à une aide à domicile qui gère les repas, les courses et l’entretien de la maison.” explique Alphonse.

* https://sijeveux.fr/comment-faire-face-aux-risques-physiques-de-lavancee-en-age/

** https://sijeveux.fr/limportance-dune-alimentation-equilibree-chez-les-seniors/

 03. Sécuriser l’environnement de votre proche

  • Aménager son domicile intérieur et extérieur
  • S’équiper de solutions connectées

L’aménagement des logements est un véritable enjeu et encore une fois, dans ce contexte, il vaut mieux prévenir que guérir ! En effet, chaque année, beaucoup de personnes tombent et décèdent ou ont des conséquences dommageables par la suite. Certains changements dans le logement de votre proche peuvent être utiles, comme une augmentation de l’éclairage, une fixation des fils des appareils technologiques, ou encore une stabilisation de certains appuis (dans la douche, dans les escaliers ou encore dans la chambre).

Mon père a pu retourner chez lui après son hospitalisation. Nous avons cependant effectué des aménagements pour adapter son appartement à ses nouveaux besoins. Maintenant, il porte sur lui tout le temps un pendentif connecté lui permettant de nous alerter en cas de d’urgence.

Ainsi, nous vous invitons à prendre en considération des solutions d’aménagement, ainsi que les innovations proposées par la domotique et les objets connectés permettant d’alerter immédiatement les secours ou les aidants. Effectivement, les personnes âgées de plus de 75 ans habitent en moyenne leur logement depuis plus de 30 ans. Or, à l’époque, les usages architecturaux et d’aménagement n’intégraient pas les problématiques d’adaptation au vieillissement.

Actuellement, seulement 6% des logements sont donc adaptés à la vie quotidienne des personnes en perte d’autonomie. Aménager le domicile de votre proche peut donc être pris en considération pour réduire les risques de chute, mais cela a un certain coût.* Au-delà des traumatismes physiques et visibles, une chute peut causer des blessures d’ordre psychologique. La crainte de retomber entraîne bien souvent une diminution sinon un renoncement à sortir de chez soi, et ainsi un isolement social dangereux pouvant mener à la dépression. Or, comme nous venons de le voir, des ajustements simples à la routine de votre proche peuvent diminuer fortement les risques de chute.

*rapport Les Résidences Services Seniors en France – EHPA

Vous pensez que votre proche encourt un risque élevé de chute ?